Comment écrire un livre

faux titres de romans célèbres proposés aux Editions la Pépinière

Comment écrire un livre en quelques conseils qui vous aideront à créer votre livre facilement et de manière professionnelle, pour l’auto-éditer ou pour le présenter à un éditeur.

Conseil 1 : Choisir le titre de votre livre

Choisir le titre de son livre, c’est comme trouver un nom à son bébé ! Contrairement à un prénom qui peut être partagé par de nombreux enfants, le titre d’un livre se doit d’être unique.
Rassurez-vous : si vous prenez quasiment le même nom qu’un autre livre, cela ne suffira pas à créer un cas de plagiat ! Mais avouez que ce ne serait pas le meilleur moyen de vous distinguer 😉

La première chose à faire est de chercher un titre qui reflète ce que vous exprimez dans votre livre.  Songez que c’est la première chose que liront les éditeurs, les journalistes, les libraires et tous ceux qui seront amenés à découvrir votre œuvre. Cherchez donc plusieurs titres possibles, puis vérifiez que ces titres ne sont pas déjà pris.

Au fait, avez-vous reconnu les véritables titres de livres cachés derrière ceux du dessin en haut de cette page ?

Comment vérifier la primeur d’un titre ?

Le plus simple consiste déjà à le rechercher sur Internet, via Google par exemple.
Attention : le fait d’utiliser un titre déjà pris par un livre édité peut vous créer des problèmes :

Dans la Loi sur le Code de la Propriété Intellectuelle, l’article L112-4  dit ceci :

Le titre d’une œuvre de l’esprit, dès lors qu’il présente un caractère original, est protégé comme l’œuvre elle-même. Nul ne peut […] utiliser ce titre pour individualiser une œuvre du même genre, dans des conditions susceptibles de provoquer une confusion.

Il faut donc entreprendre des recherches pour éviter ce cas de figure.

Allez dans la zone de recherche de Google et tapez le titre de votre livre en le faisant précéder du mot « livre », de façon à ce que Google comprenne le type d’information que vous recherchez.

recherche-google

Mais selon le type de livre que vous voulez publier (saga familiale, roman, thèse doctorale, ouvrage technique…), vous risquez de ne pas trouver de réponse, même avec Google. Je vous recommande donc de rechercher dans des bases de données professionnelles en ligne (demandez à Google de rechercher ces bases en tapant par exemple : « base de données titres de livres ». A titre d’exemple, voici le lien pour la base de données de la Bibliothèque de Paris 8, déjà bien fournie.

Comment choisir le titre de son livre

Personnellement, je ne parviens pas à commencer à écrire un livre tant que je n’ai pas choisi son titre. Peut-être parce que je dois tout simplement donner un nom au fichier informatique qui va contenir le texte ? En tous cas, c’est la première chose que je fais dans le processus d’écriture.

N’oubliez pas que le titre est la première chose que le lecteur verra quand il aura à choisir quel livre acheter. Votre titre doit donc être accrocheur. Il doit donner une idée du thème de votre récit. « La guerre des étoiles » est un titre qui a le mérite d’être clair. On se doute immédiatement qu’il s’agira de science-fiction.  Ceci n’est pas non plus une règle absolue : « L’idiot« , de Dostoïevski est une œuvre mondialement connue, alors que son titre est un simple mot commun.
Je choisis mes titres de livres de façon à ce qu’ils se rapportent à quelque chose de primordial dans le récit. Si je peux en plus faire un jeu de mots à double sens, c’est encore meilleur. « L’amour s’entête » (un de mes romans) peut se lire de différentes façons : 
– L’amour sans tête : il est question d’une greffe de tête dans le roman 😉
– L’amour s’entête : malgré l’opération, l’amour continue entre l’homme greffé et son épouse. Quoique…

Bref, prenez le temps de réfléchir au titre de votre roman. Votre œuvre sera forcément superbe, percutante et originale. Son titre doit donc l’être tout autant ! 

bannière pour l'article sur le synopsis et le pitch d'un livre, proposé par les Editions la Pépinière

Conseil 2 : définir le synopsis ou scénario du récit

Pour savoir comment écrire un livre, encore faut-il avoir en tête le futur scénario de votre récit.

Le synopsis est surtout utilisé dans le cinéma ou la télévision, pour faire une sorte de résumé du scénario. Je vous recommande d’écrire le résumé de votre récit avant de vous lancer à corps perdu dans l’écriture.
Bien entendu, il faut laisser libre cours à votre imagination et à votre talent. Mais les plus belles chansons ont aussi une structure. Un récit doit suivre lui aussi un synopsis, une trame.

Ne commentez pas l’erreur de tout confier à l’improvisation, c’est le meilleur moyen d’avoir à couper des chapitres, refaire tout le début du livre pour qu’il soit cohérent avec la suite, ou tout simplement créer un récit déséquilibré, par exemple dont le début sera bien trop long par rapport à la fin.

Écrire un synopsis, même s’il ne contient ni les états d’âme des personnages, ni les coups de théâtre qui émailleront votre récit, est le meilleur moyen de savoir où vous allez.

Moi-même formé aux techniques du scénario, je commence toujours par créer la trame de mon futur récit (que ce soit un roman ou un livre professionnel).
Cela me permet de préparer à l’avance les différentes scènes qui s’enchaineront et de prévoir le rythme à leur donner.
Cela devient même indispensable si vous vous lancez dans une structure de récit parallèle (on commence par raconter du point de vue d’un personnage, puis on enchaine avec un chapitre lu depuis le point de vue d’un autre personnage), ou dans une structure comportant des retours en arrière (flash-back).

Donc : créez la trame de votre récit avant de vous lancer dans l’aventure de l’écriture !

 

Ecrire le pitch d'un livre

Pour caricaturer, je dirais que le synopsis d’un livre doit tenir dans 3 à 6 pages, alors que le pitch d’un livre devrait contenir 3 à 6 phrases !

Le pitch d’un livre est un résumé très bref qui donne envie au lecteur (ou à l’éditeur) de lire votre livre.  Cela pourrait se traduire par « les phrases d’accroche » de votre livre. 

Personnellement, une fois que j’ai créé le synopsis (ou le scénario) de mon histoire, j’essaie toujours d’en tirer le pitch car cela m’oblige à chercher quels sont les mots les plus forts, les plus représentatifs de mon manuscrit. Cela m’amène souvent à retoucher le synopsis lui-même parce que cet exercice (que je vous conseille) vous montre aussi quels sont les passages faibles de votre récit.

De très nombreux films célèbres ont été taillés dans le gras par leurs producteurs, même après que leurs scénarios aient été validés. La raison en est simple : chaque minute de tournage coute cher !

Faites de même avec votre récit : considérez que chacune de vos pages coute cher et faites en sorte d’en renforcer l’intérêt !

Conseil 3 : Caractériser les personnages

Comment écrire un livre, si vos personnages n’ont pas de vie “réelle” ?

Si vous écrivez une fiction, l’histoire a beau être inventée, il faut qu’elle soit réaliste, donc que les personnages aient des caractères et qu’ils se comportent et dialoguent selon ces caractères, sans que cela soient des caricatures. Par pitié, évitez les phrases du type :


« Il fronça les sourcils, ce qui était un signe d’énervement chez lui et dit :

— Je suis très énervé ! “

Ce sont les dialogues qui donneront l’état d’esprit du personnage (sauf si vous voulez mettre en valeur son hypocrisie ou un humour noir au second degré. Le dialogue ci-dessus aurait été moins lourd en étant présenté ainsi :


“Il serra les poings et grommela :

— Si tu me cherches, tu vas me trouver ! “


Faites en sorte d’opposer vos personnages.

Exemple : un petit homme timide et un grand costaud très nerveux.
Créez des caractères qui sortent de l’ordinaire. L’exemple ci-dessus, très cliché, serait déjà plus intéressant avec :

Un petit homme très nerveux et un grand costaud timide !

Bref…

Faites comme vous voulez avec vos personnages, mais donnez-leur une vie, des réactions, des traits de caractères. Il n’y a rien de plus pénible dans un récit qu’un personnage (souvent de 2e ou 3e rang) qui soit totalement neutre et insipide. Ne décrivez pas un état d’âme mais montrez-le. C’est la réaction ou la réponse d’une personne qui va révéler son état d’esprit, pas la longue et ennuyeuse description que vous en ferez.

Conseil 4 : Définir les styles

Les styles permettent d’automatiser l’apparence de votre texte. En créant un style pour les titres des chapitres, par exemple, vous aurez l’assurance d’avoir des titres identiques (même police, même couleur, mêmes espacements, etc.)

Si vous écrivez une fiction, elle comportera très probablement des dialogues, peut-être des « pensées » d’un personnage, des commentaires, etc.

Voici un exemple typique du contenu d’un livre de fiction :

Le retour du cow-boy

Il avançait fièrement sur son cheval blanc, sa mèche rebelle dépassant de son chapeau, le regard tranquille de celui qui a vécu toutes les émotions. « Il faut vraiment que je laisse Jolly se reposer », se dit-il une nouvelle fois, en se passant la langue surs ses lèvres sèches.

— Ho ! Jolly ! On va camper entre ces rochers. Tu as bien assez fait d’efforts pour aujourd’hui, mon beau !


Dans cet exemple, vous avez un titre, un paragraphe de texte comportant un retrait à droite pour sa première ligne, une « pensée » mise entre guillemets et utilisant une police de caractères italique, une indentation décalant le dialogue vers la droite, lequel est précédé d’un tiret large (cadratin ou semi-cadratin). Chacun de ces éléments est défini dans un style de votre traitement de textes, ainsi vous pouvez l’utiliser dès que nécessaire.

Il est important de définir vos styles AVANT d’écrire vos pages, sinon vous auriez à revenir dans chacune d’elles pour modifier un par un vos éléments de textes déjà écrits !

Paragraphes

Faites un retrait à gauche pour chaque nouveau paragraphe (voir les retraits dans les paramètres de styles de votre traitement de textes).
Quand couper un texte pour faire un nouveau paragraphe ? Nous verrons ce point plus en détail dans la partie concernant la structure de votre récit, mais en gros, créez un nouveau paragraphe à chaque fois que vous abordez une idée ou une situation différente.

Chapitres

Certains leur mettent des titres, d’autres simplement un numéro. D’autres encore, se contentent de sauter une page. Les chapitres sont souvent traités un peu n’importe comment !

Une convention chez les éditeurs veut qu’on commence toujours un nouveau chapitre sur une page impaire (à droite) du livre. Si vous mettez un titre ou un numéro, n’hésitez pas à laisser une forte marge (un tiers de la hauteur) en haut de page, ceci afin de bien marquer la respiration dans la lecture (le moment d’aller attaquer le frigo par exemple avant de replonger dans le récit).

Nous vous conseillons de faire comme au cinéma : chaque nouvelle situation (nouveau lieu, nouveaux personnages, nouvelle journée) est l’occasion de créer une nouvelle scène (pour le film), ou un nouveau chapitre (pour votre livre). Ne dit-on pas : « j’ai commencé un nouveau chapitre de ma vie » lors d’un événement important tel qu’un mariage, par exemple ?

Table des matières

Optionnelle pour une fiction, elle reste très utile dans un livre technique. A mettre en fin de livre car il est rare qu’on cherche à retrouver un chapitre en ouvrant son livre. La table des matières se crée automatiquement avec la plupart des bons traitements de textes. Elle comporte généralement la liste des chapitres avec le numéro de leur première page.

Parties

Certains livres, qui abordent des notions parfois très différentes, sont scindés en parties. Dans ce cas, il faut laisser une page blanche complète et reprendre la numérotation de vos chapitres depuis le début (comme si vous aviez plusieurs livres collés l’un à l’autre). Il est par contre recommandé de faire continuer la numérotation de vos pages sans reprendre au début, de façon qu’il n’y ait pas 2 pages ou plus avec un  même numéro.

Conseil 5 : Écrire le récit

Une fois que vous avez vu les règles de base pour savoir comment écrire un livre, ce titre peut paraître évident, mais je l’ai placé ici pour vous montrer que l’écriture a proprement parler ne doit commencer qu’après avoir franchi toutes les étapes précédentes et, en particulier, celle consistant à créer le plan de votre récit.

Attention à respecter le réalisme dans vos écrits, en particulier dans le timing de votre histoire, le parcours de chacun, les connaissances acquises, leurs pouvoirs, les événements auxquels ils vont être confrontés.

Le timing de l’histoire

Si votre héros vient de se lever, l’esprit encore embrumé par une nuit d’ivresse, n’allez pas lui faire rencontrer la mystérieuse inconnue deux pages plus loin pour un drink au coucher du soleil !
Attention à respecter la chronologie entre les scènes, mais aussi leur durée :

Un voyage en voiture Paris-Lyon ne peut pas durer quelques minutes. Si votre récit décrit en parallèle les péripéties de plusieurs personnages, le plus simple pour vous en sortir est de créer un plan. Une ligne par personnage. Créez une échelle graduée en heures et placez les événements propres à chacun sur votre schéma. Ainsi, vous créerez un scénario réaliste.

Le mind map

Appelé “carte heuristique” en français, le mind map permet de dresser un plan visuel de votre scénario, un peu à la manière d’un détective cherchant à faire un lien entre tous les indices qu’il a recueilli. Faites en sorte que votre dessin soit le plus simple possible. Plus il sera complexe, plus le lecteur risque de se perdre dans votre récit !

Voici un exemple très simplifié de mind map pour le scénario du Chaperon-Rouge : 

Mind map le petit chaperon rouge

 

 

Le parcours de chacun

Là encore, pensez au réalisme. Exemple : le méchant essuie une tempête en traversant la forêt. Durant des heures, il se bat contre les éléments. Quelques heures plus tard, l’inspecteur se lance à sa poursuite, la pipe au bec et les Ray-Ban sur les yeux, sans même se mouiller les pieds !

Les connaissances acquises

Une autre faute classique dans un récit est d’attribuer à un personnage des connaissances concernant l’histoire qui se déroule sous les yeux du lecteur, sans qu’on sache comment ce personnage a pu les acquérir. Je vais caricaturer, mais on trouve un peu partout (dans les séries TV américaines par exemple) ce genre de bourde créée par le manque d’attention :

Imaginez que le méchant essaie de fuir la police en prenant tous les risques à bord de son bolide. Il grille les feux rouges, dérape pour entrer dans une ruelle et s’engage à toute vitesse dans un parking souterrain. Un bon quart d’heure plus tard, l’inspecteur Duflair arrive au volant de son vieux tacot et entre tranquillement dans le parking. Mais bon sang, mais c’est bien sûr ! Comment a-t-il pu savoir où aller ?

Les pouvoirs des personnages

Sauf si vous êtes en train de raconter la vie d’un superhéros, votre personnage préféré ne peut pas décemment avoir traversé le rideau de flammes d’un immeuble en feu et être revenu déposer l’enfant miraculeusement sauvé du brasier dans les bras de sa mère éplorée (quelle belle liste de poncifs !) sans même s’être dérangé son brushing ou son nœud de cravate (le noeud de cravate qui ne se dérange jamais, même au cœur des pires scènes d’action, c’est celui de 007).

Les événements que vivent vos personnages

Un héros peut parfaitement échapper à la chute d’une météorite, ou à un camion qui lui fonce dessus, ou encore au tir croisé de deux bandes rivales ayant fait irruption des ruelles de Harlem, mais… les trois événements dans la même journée, cela fait beaucoup ! Ce n’est pas le côté spectaculaire d’un événement qui fera le succès de votre récit, mais la façon dont le héros va réagir. N’oubliez jamais une règle d’or du récit : l’implication du lecteur.

Les actions et les caractères ont besoin d’être réalistes, d’exister dans la vie réelle, parce que votre lecteur va, inconsciemment ou pas, s’identifier à l’un des personnages de votre récit (généralement le personnage principal, bien entendu). Cela fait d’ailleurs partie des recettes de cuisine bien connues des scénaristes américains qui ne font pas dans la dentelle : on commence par rendre le méchant encore plus méchant en lui faisant commettre des actes contre des personnages pour lesquels on devra éprouver de la pitié (il leur arrivera donc d’horribles choses très tristes, à ces pauvres malchanceux). De cette façon, lorsque le héros tapera sur le méchant, personne ne dira : « Diantre, que ce héros est violent !  » et, au contraire, tout le monde pensera : « Ouais ! Vas-y  ! ‘Éclate-lui la tronche à cet enfoiré ! Il l’a bien mérité ! ».

Bref… Écrivez selon ce que vous ressentez, en vous mettant à la place de vos personnages pour imaginer comment vous auriez parlé ou réagi à leur place. Développez votre récit sans vous soucier du style, de l’orthographe ou de la mise en page. Ces étapes seront effectuées par la suite, lorsque votre fièvre créatrice se sera calmée, quelques centaines de pages plus tard !

Conseil 6 : Oublier le récit

C’est fait, vous avez noirci plusieurs centaines de pages et passé des nuits et des nuits à coucher sur le papier vos idées géniales. Vous avez fait œuvre de création et vous n’avez plus qu’une envie : foncer mettre tout cela dans une enveloppe et l’envoyer aux éditeurs avec le secret espoir qu’ils trouveront cela génial.

Stop !

Revenons quelques années en arrière, à la glorieuse époque où vous faisiez vos dictées à l’école. Vous n’aviez jamais zéro faute, n’est-ce pas ? Et quand bien même, votre dictée ne faisait que quelques lignes.

Alors, comment pouvez-vous croire une seconde que votre récit de plusieurs centaines de pages puisse ne pas être truffé de fautes ? Non seulement de nombreuses fautes d’orthographe, mais surtout de fautes de grammaire, de fautes de style, de fautes de ponctuation, voire d’incohérences dans le récit ou plus simplement de lourdeur ou de faiblesse à certains passages

Le problème est que, une fois le correcteur d’orthographe passé sur votre récit, vous êtes dans l’incapacité de voir toutes ces fautes. Pourquoi ? Pour la bonne raison que vous avez encore le nez dans le guidon. Votre récit est encore tout frais dans votre tête et vous êtes tout à fait capable de penser avoir bien expliqué une chose, alors que justement vos idées, une fois transformées en mots, ont rendu cette explication totalement confuse. Cela, vous ne pourrez l’apprendre qu’en faisant lire votre récit à d’autres personnes.

Malheureusement, les personnes qui seront les plus sensibles à votre désir d’avoir un avis de lecteur, seront souvent des proches, de la famille, des amis qui n’oseront pas vous dire la réalité toute crue et vous pardonneront trop de fautes. Pire : ils n’auront pas forcément les compétences linguistiques nécessaires pour juger de la qualité de votre écriture. Les professionnels, ceux qui ont ces connaissances, n’auront pas contre pas le temps de s’occuper de vous (sauf à les payer, bien entendu). Qui reste-t-il pour faire cet indispensable travail de relecture ? Qui aura à la fois le courage de vous dire que certains passages sont mauvais et le temps pour tout relire ?

Vous !

Mais pour cela, il faut d’abord prendre le temps d’oublier votre récit. Passez donc à autre chose durant… plusieurs semaines ! Et oui, il faut ce laps de temps pour que votre esprit commence à oublier un peu vos personnages, les événements de votre récit et les émotions que vous vouliez faire paraître. Forcez-vous à vous calmer, ceci afin de vous préparer au travail qui incombe normalement à un éditeur, pas à un auteur.

Oubliez votre récit.

Une fois que vous sentirez le moment venu (mais pas avant 2 semaines de délai au minimum), commencez à relire votre ouvrage depuis le début.

Conseil 7 : Relectures et corrections

Que ce soit un tableau de maître, une sculpture, un film, un film ou une chanson, une œuvre d’art est comme un bon vin : elle se bonifie avec le temps, le travail et l’expérience de son créateur. Autrement dit : vous devez faire des relectures de votre récit avant d’envisager sa publication. Inutile donc d’envoyer à un éditeur le premier jet sorti de votre imaginaire : il serait probablement terrassé par le nombre de corrections à effectuer. Un éditeur a un souci de rentabilité (plus il devra mettre de personnel à la correction de votre récit, plus cela lui coutera cher), mais aussi un souci de qualité (il faut que l’œuvre soit achevée pour augmenter ses chances de plaire).

C’est d’ailleurs le principal défaut que les éditeurs reprochent aux livres auto-édités : ils sont souvent inachevés, comportent de trop nombreuses fautes de français et de lourdeurs dans le récit.

Les relectures sont de plusieurs types :

Relecture de correction de texte

La première chose à faire est de passer un correcteur orthographique sur tout votre texte. Attention : un correcteur classique de traitement de textes ne suffit pas car son dictionnaire est trop incomplet. Investissez dans un outil de type Antidote qui comporte plusieurs dictionnaires spécialisés mais aussi des capacités de détection de lourdeurs de style et même des facultés d’apprentissage (par exemple pour s’adapter au vocabulaire d’un métier spécifique). Une fois l’orthographe vérifiée, corrigez également la grammaire (accord des participes passés, accords de temps dans les phrases, ponctuation…

A propos de la ponctuation

  • Caractère deux-points : en français, il faut un espace avant et un espace après les deux-points
  • Caractère virgule : pas d’espace avant, mais un espace après. Il faut une virgule avant ces conjonctions de coordination : mais, ou, ni, car, or, donc
  • Caractère point-virgule : un espace avant et un espace après, pas de majuscule après le point-virgule, utilisé pour séparer des portions de phrases
  • Point d’interrogation : un espace avant et un espace après le point d’interrogation. 1ere lettre en majuscule pour le mot suivant.
  • Idem pour le point d’exclamation. Mettre un espace insécable (Ctrl + Maj + Espace dans Word) entre le mot et le point d’exclamation ou d’interrogation pour qu’il ne passe pas à la ligne sans le mot qui le précède.
  • Guillemet : utilisé pour citer les paroles de quelqu’un sans le mettre en mode dialogue, comme une citation. (Ex : il s’écria : « Mince, alors ! »)
  • Tiret : utilisé pour indiquer un dialogue (le décaler vers la droite de plusieurs centimètres et utiliser un tiret cadratin (Alt + Ctrl + tiret du 6 dans Word)

Relecture de structure de texte

La structure de votre texte, c’est la façon dont il s’articule en tomes, parties, chapitres, paragraphes, etc.

Cette fois, il faut concentrer son esprit, non pas sur le contenu du livre, mais sur la façon dont ce contenu est présenté dans le texte :

  • Les paragraphes sont-ils placés au bon endroit ?
  • Le chapitre commence-t-il à un moment propice du récit ?
  • La durée de chaque chapitre correspond-elle aux séquences du récit ?
  • La vie des personnages (apparition / disparition / réapparition dans le récit) est -elle cohérente ?
  • Les temps utilisés dans la conjugaison correspondent-ils au récit ?

Toutes ces questions relèvent du scénario créé pour le récit. Chaque livre, même technique, comporte un scénario. Ce n’est pas seulement la composition de ses chapitres qui le détermine, mais leur articulation. Je sais, cela à l’air un peu technique de prime abord, mais c’est justement ce qui fera toute la différence entre un livre à l’histoire un peu terne et un ouvrage plein de rebondissements, de surprises et donc d’intérêt. Même si vous ne connaissez pas ces techniques, vous les avez certainement déjà ressenties, par exemple en suivant une télé-réalité particulièrement ennuyeuse parce que son scénario était trop linéaire, trop prévisible ou au contraire totalement incohérent.

Relecture de style du récit

Encore une fois, c’est vous qui écrivez, donc c’est vous qui choisissez votre style (en fait, on ne choisit pas son style : on possède un style, qui est propre à chacun). Si vous êtes un p’tit gars de la rue et que vous racontez votre autobiographie, pas la peine d’essayer d’écrire comme Shakespeare : cela ne ferait pas crédible (sauf si vous étiez Shakespeare avant de vous retrouver à la rue…).

Donc, utilisez le style que vous voulez. Par contre, choisissez en connaissance de cause les « tournures de style » qui peuvent être efficaces et évitez les « lourdeurs de style ».

Lourdeurs de style

Exemples : « Il se mit à pleurer à chaudes larmes ». « Un arc-en-ciel multicolore embrasa le ciel ». « La forêt tropicale  luxuriante grouillait de sons étranges, cris d’animaux chassant dans la pénombre des futaies ». « L’imposant géant faisait trembler le sol de son pas lourd ».

On appelle cela des « poncifs ». Bizarrement, on pleure toujours à » chaudes larmes ». Un arc-en-ciel est rarement monochrome ! Une forêt tropicale est systématiquement luxuriante, sinon elle n’est plus tropicale. On s’attend effectivement plus à ce que les cris proviennent d’animaux que d’une tribu d’écoliers sortant en hurlant de leurs classes. Un géant qui ne serait pas « imposant » risquerait le chômage technique et son pas peut difficilement être léger (encore qu’un éléphant, même s’il ne marche pas sur la pointe des pieds, faute d’en avoir, est parait-il particulièrement silencieux quand il se déplace…).

Pour détecter ces lourdeurs de style, mais aussi les répétitions et autres erreurs de style, il faut un oeil extérieur au récit. Quelqu’un de particulièrement critique, disposant d’une bonne expérience de la lecture. Soit vous parvenez à oublier suffisamment votre prose, soit il vous faudra quelqu’un de suffisamment disponible et expérimenté pour se charger de cette tâche. Les clubs de lecture peuvent être une bonne solution, ainsi que les concours.

Voilà, vous avez maintenant toutes les bases pour savoir comment écrire un livre.

Si vous avez des questions, n’hésitez pas à les poser dans les commentaires placés au bas de cette page.

Chronique littéraire sur Ecrire, publier et faire connaitre son livre, de Georges Vigreux
Photo prise à La Réunion par une auteure ayant acheté le livre

Photo prise sur l’ile de La Réunion par une auteure ravie d’avoir commandé ce livre

Et si vous voulez avoir à portée de main le mode d’emploi complet pour savoir comment écrire un livre, vous pouvez commander mon ouvrage Ecrire, publier et faire connaître son livre, véritable couteau suisse de l’écriture, que beaucoup de futurs auteurs m’ont déjà acheté (voir leurs avis de lecture).

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